“Comment l’incarcération affecte-t-elle le rôle paternel ? La prison ne peut être considérée comme un isolat social. Sans modifier complètement la manière dont les individus vivent et se représentent leur paternité, sans que le contexte carcéral la conditionne de façon déterministe, elle y subit nécessairement des transformations : ce milieu produit des conditions spécifiques d’actualisation de ce rôle et des caractéristiques nouvelles. La notion de « filet » proposée par Norbert Elias (1997) nous permet de concevoir la paternité comme un filet tissé de multiples fils reliés entre eux. Dès lors, plutôt que d’expliquer la paternité à partir d’un seul fil (le lien père-enfant), c’est à partir de tous ces fils (histoire familiale, conjugale, facteurs socioculturels, etc.) et de leurs connexions que nous en proposons une approche pluridimensionnelle.
L’analyse repose sur des entretiens répétés menés avec 70 détenus, qui nous ont permis de proposer une typologie des paternités en prison se déclinant en quatre types : « marginale », « suspendue », « brisée » et « ressource ».
https://journals.openedition.org/champpenal/10397