Passionnée de boxe et de tir, jusqu’à maintenant, Anaïs n’avait aucun problème avec sa façon de se défendre, même si cela devait impliquer une certaine violence. Ce n’est qu’après avoir quitté la France pour le Canada, et être devenue mère, qu’elle a commencé à se poser des questions : le jour où, pour ne pas frapper son fils de quatre ans, elle l’effraie en cognant sur un mur, elle se souvient de la peur que lui inspiraient les accès de colère de sa propre mère. D’abord réticente à l’idée de participer à l’enquête de sa fille, cette dernière finit par accepter de poser sa voix et d’ouvrir les portes de son passé dans le cadre d’une médiation.
Au Canada, Anais a découvert la notion de traumatisme intergénérationnel liée à la colonisation qu’ont subi les peuples autochtones. La jeune femme s’interroge alors : sa violence prendrait-elle source dans un traumatisme intergénérationnel en lien avec la Guerre d’Algérie ? De révélation en explication, avec l’aide d’une psychiatre, d’une psychothérapeute autochtone mohawk et d’un historien, son récit familial intime sonde jusqu’en Kabylie les souvenirs enfouis et contradictoires des siens, pour se heurter à un passé insoupçonné, enraciné dans la violence de l’Histoire, principalement coloniale.
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