Combien de fois je peux contacter mes enfants pendant les vacances ?

22 Juin 2026 | Actualités de la MDLF

En droit 

La loi ne fixe pas de nombre précis d’appels, que ce soit pendant l’année scolaire ou hors période scolaire.

 

Le code civil prévoit de manière générale :

  • 373-2 : « Chacun des père et mère doit maintenir des relations personnelles avec l’enfant et respecter les liens de celui-ci avec l’autre parent. »
  • 373-2-6 : « Le juge peut prendre les mesures permettant de garantir la continuité et l’effectivité du maintien des liens de l’enfant avec chacun de ses parents. »

C’est donc aux parents de s’accorder, en prenant en considération l’intérêt supérieur de l’enfant. En cas de désaccord, le juge aux affaire familiales peut être saisi pour les modalités de communication : fréquence, jour(s) fixe(s)… Attention : le juge aux affaires familiales ne tranche qu’à partir des demandes formées par les parties ; sans demande sur ce point, la décision ne précisera rien.

La question des appels téléphoniques illustre combien le cadre législatif du droit de la famille est général et invite les personnes à s’accorder selon la situation, qui est évolutive.

Maître Marion Naigeon, avocate en droit de la famille qui reçoit les personnes à l’accueil juridique de la Maison Des Liens Familiaux en témoigne :

« Les conseils que je donne à mes client·es varient en fonction du niveau de conflictualité de la relation parentale, de l’âge de l’enfant, de la manière dont il vit l’éloignement avec son parent, etc.

En cas de conflit, l’enfant peut très mal vivre ces contacts téléphoniques. Dans des situations où les appels mettaient l’enfant dans un très grand malaise, il est déjà arrivé que  mes client·es renoncent à exercer leur droit de communication pourtant fixé par le juge.

Dans tous les cas, l’exécution de ce type de décisions nécessite que les parents acceptent de jouer le jeu et mettent l’enfant à l’aise : le laisser libre d’exprimer le souhait de parler avec l’autre parent et lui offrir un espace lors des appels ».

En médiation

Les appels entre l’enfant et le parent à distance sont souvent source de tension, que ce soit au moment des vacances ou en période scolaire. Comment s’assurer que l’enfant peut s’exprimer librement ? Comment organiser ces appels aux moments propices à la disponibilité de l’enfant et qui conviennent aux deux parents ?

Pendant les vacances, il peut être plus compliqué de satisfaire ces conditions. La question des appels peut devenir source de tensions, surtout lorsqu’elle n’a pas été réfléchie et organisée en amont.

Des appels ou des messages trop fréquents peuvent être perçus comme intrusifs par l’autre parent. À l’inverse, un contact jugé insuffisant peut être très mal vécu.

L’enfant peut également être perturbé par ces appels, selon son âge ou ce qu’il traverse dans la séparation. Or les parents se font parfois difficilement confiance sur ce que chaque parent peut observer de l’enfant… Le sujet est donc plus délicat et difficile qu’il paraît !

En médiation familiale, il est possible de prendre le temps de discuter de ce qui pose problème à chaque parent, de mettre en commun ce que l’enfant manifeste, de démêler le conjugal du parental ou d’autres enjeux.

Ce pas de côté peut permettre aux parents de sortir de leurs positions respectives pour convenir d’un rythme adapté à leur enfant et acceptable pour toutes et tous.